Les peintres de la vie moderne

Les peintres de la vie moderne
Date de l'événement: 
27 Septembre 2006 (Toute la journée) - 12 Mars 2007 (Toute la journée)
Artistes présents: 
A Constructed World
Artistes présents: 
Martine Aballéa
Artistes présents: 
Mac Adams
Artistes présents: 
Ryuta Amae
Artistes présents: 
Annelies Strba
Artistes présents: 
Dieter Appelt
Artistes présents: 
Nobuyoshi Araki
Artistes présents: 
Roy Arden
Artistes présents: 
Jean-christophe Ballot
Artistes présents: 
Gilles Barbier
Artistes présents: 
Tom Baril
Artistes présents: 
Yto Barrada
Artistes présents: 
Gabriele Basilico
Artistes présents: 
Bernd & Hilla Becher
Artistes présents: 
Véronique Boudier
Artistes présents: 
Alain Bublex
Artistes présents: 
Jean-Marc Bustamante
Artistes présents: 
Claude Closky
Artistes présents: 
Lynne Cohen
Artistes présents: 
Hannah Collins
Artistes présents: 
Gregory Crewdson
Artistes présents: 
Thibaut Cuisset
Artistes présents: 
Tacita Dean
Artistes présents: 
Thomas Demand
Artistes présents: 
Yannick Demmerle
Artistes présents: 
Raymond Depardon
Artistes présents: 
Nicolas Descottes
Artistes présents: 
Philip-Lorca Dicorcia
Artistes présents: 
Véronique Ellena
Artistes présents: 
Barbara Ess
Artistes présents: 
Elger Esser
Artistes présents: 
Gilbert Fastenaekens
Artistes présents: 
Fischli & Weiss
Artistes présents: 
Günther Förg
Artistes présents: 
Michel François
Artistes présents: 
Shadi Ghadirian
Artistes présents: 
Andy Goldsworthy
Artistes présents: 
Paul Graham
Artistes présents: 
Philippe Gronon
Artistes présents: 
Andreas Gursky
Artistes présents: 
Thomas Hirschhorn
Artistes présents: 
Roni Horn
Artistes présents: 
Pierre Huyghe
Artistes présents: 
Colette Hyvrard
Artistes présents: 
Valérie Jouve
Artistes présents: 
Marin Kasimir
Artistes présents: 
Abbas Kiarostami
Artistes présents: 
Karen Knorr
Artistes présents: 
Jean Le Gac
Artistes présents: 
Frédéric Lefever
Artistes présents: 
Edouard Levé
Artistes présents: 
Guy Limone
Artistes présents: 
Chema Madoz
Artistes présents: 
François Mechain
Artistes présents: 
Joachim Mogarra
Artistes présents: 
Jean-Luc Moulène
Artistes présents: 
Vik Muniz
Artistes présents: 
Antoni Muntadas
Artistes présents: 
Marylène Negro
Artistes présents: 
Shirin Neshat
Artistes présents: 
Walter Niedermayr
Artistes présents: 
Yuki Onodera
Artistes présents: 
Bill Owens
Artistes présents: 
Florence Paradeis
Artistes présents: 
Martin Parr
Artistes présents: 
Michel Paysant
Artistes présents: 
John Pfahl
Artistes présents: 
Henrik Plenge Jakobsen
Artistes présents: 
Eric Poitevin
Artistes présents: 
Paul Pouvreau
Artistes présents: 
Philippe Ramette
Artistes présents: 
Sophie Ristelhueber
Artistes présents: 
Nigel Rolfe
Artistes présents: 
Georges Rousse
Artistes présents: 
Sam Samore
Artistes présents: 
Lise Sarfati
Artistes présents: 
Pierre Savatier
Artistes présents: 
Allan Sekula
Artistes présents: 
Toshio Shibata
Artistes présents: 
Ettore Sottsass
Artistes présents: 
Beat Streuli
Artistes présents: 
Thomas Struth
Artistes présents: 
Hiroshi Sugimoto
Artistes présents: 
Wolfgang Tillmans
Artistes présents: 
Patrick Tosani
Artistes présents: 
Massimo Vitali
Artistes présents: 
Ian Wallace
Artistes présents: 
James Welling
Artistes présents: 
Stephen Willats
Artistes présents: 
Christopher Williams
Artistes présents: 
Douglas Gordon
Artistes présents: 
Janaina Tschäpe
Artistes présents: 
Eric Rondepierre
Artistes présents: 
Robert Polidori
Artistes présents: 
Olivier Richon
Artistes présents: 
Alex MacLean
Artistes présents: 
Arnaud Claass
Artistes présents: 
Seton Smith
Artistes présents: 
Christiane Geoffroy
Description: 

Cette exposition célèbre l'importante donation de la collection de photographies contemporaines faite par la Caisse des Dépôts au Centre Pompidou en 2006. Le parti pris adopté est de montrer la quasi-totalité des 680 œuvres. Composée de photographies d'artistes français et étrangers des années 1980 à nos jours, cette collection laisse une large place à la jeune création. Elle s'est constituée entre 1991 et 2003 à partir d'acquisitions directes choisies en commission d'achat, de commandes et d'aides à la production d'œuvres. Grâce à cet apport, le fonds de photographies du Musée national d'art moderne se trouve considérablement enrichi et de nouvelles œuvres de Thomas Struth, Andreas Gursky, Thomas Ruff, Martin Parr, Thomas Demand, Valérie Jouve, Eric Poitevin, Sophie Ristelhueber... entrent dans les collections nationales.

Le titre de l'exposition, hommage au texte de Baudelaire sur l'éloge de la modernité, suggère que ces œuvres sont en prise avec leur temps. Mise en œuvre par une institution dont les missions publiques sont étroitement liées au développement des territoires et aux perspectives d'aménagement à long terme, la collection photographique de la Caisse des Dépôts reflète la société contemporaine, ses mutations et ses enjeux. Le parcours de l'exposition s'articule, autour d'une salle centrale, la réserve, en trois sections thématiques : pouvoirs, représentation du monde (la France et le Monde) et fictions.

La scénographie met en scène cette donation en reconstituant l'univers de la collection d'entreprise qui, au fil de l'exposition, prend son statut de collection muséale.

Entrée et façade sur rue
La création de Niek Van de Steeg, Structure–Lectures, a été commandée spécifiquement pour l'exposition par la Caisse des Dépôts. Elle propose une réflexion sur les liens entre l'art et le monde de l'économie en présentant des objets, catalogues et documents qui permettent de découvrir les actions menées par la Caisse des Dépôts. La seconde partie de l'œuvre, graphique et visible depuis la rue, retrace un parcours chronologique de vingt ans de mécénat culturel d'entreprise avec les principales étapes de cette histoire.

Antichambre
Franchissant ce seuil, le visiteur pénètre dans un espace aménagé comme un hall d'accueil, qui marque le passage entre l'univers fonctionnel de l'entreprise et celui souvent plus compassé du musée. Cette atmosphère solennelle reflète cependant les similitudes de l'image de la respectabilité qu'inspirent le musée et l'entreprise où s'incarne déjà l'image du pouvoir. Avec The Analysis of Beauty, 1988, Karen Knorr ironise sur l'idée du connaisseur vu comme un expert du regard. Les œuvres de Thomas Struth, quant à elles, traitent du comportement des visiteurs face au spectacle muséal.

Pouvoirs
Placée au centre de la pièce, la grande table, où sont présentés les rapports d'activité de la Caisse des Dépôts, recrée l'univers de la salle du conseil d'administration.
Aux murs, des photographies évoquent l'idée du pouvoir. Celui-ci s'incarne, de manière évidente, métaphorique ou sous-jacente, dans des images véhiculées par les médias, dans des signes chers au discours publicitaire ou enfin dans des espaces de travail, de décision ou de conflit.
Dans Mercedes, Rastatt, 1993, d'Andreas Gursky, se reflète la puissance de l'industrie allemande dans une esthétique froide et impersonnelle. Cette distance du regard se retrouve chez Claude Closky avec des signes publicitaires (Auchan, 1992) prélevés méthodiquement dans l'espace urbain et réorganisés sans souci esthétique. Dans une démarche plus critique, Antonio Muntadas, architecte de formation, montre l'importance de l'architecture dans les espaces de décision avec la série Architektur, Raüme, Gesten, 1991.
Dans les images de conflit, les traces des tensions créées par la guerre apparaissent dans les détails. Si les paysages de Paul Graham, de la série Troubled Land, réalisée en Irlande du Nord, sont désertiques on y perçoit pourtant la menace de la guerre civile. Lorsque Sophie Ristelhueber réalise des images de la guerre du Golfe dans la série Fait, 1992, elle ne photographie que les traces laissées par les engins militaires comme des cicatrices dans la terre, ou les débris d'obus comme les fragments du désastre.

Réserve
Exposition dans l'exposition, cette salle évoque les cabinets de curiosité, ancêtres des salons de peintures. Exposées dans un accrochage très dense, ces œuvres auraient pu faire l'objet d'une autre exposition. Il s'agit ici d'affirmer que l'intérêt de la collection, par delà les thèmes, les forces que l'on pourra y relever, réside bien, dans sa constitution même et dans son identité d'ensemble.

La France et le Monde
Parmi les lignes de forces de la collection, la représentation du paysage et de l'architecture reflète une des missions fondamentales de la Caisse des Dépôts, celle de l'aménagement du territoire. Cette section en propose différentes représentations, en France et dans le monde. Les enjeux politiques, religieux et sociaux y sont décryptés et mis en images sur un mode tantôt ironique, tantôt grave, proche parfois du reportage. Les photographies de Valérie Jouve renouvellent l'image de la ville avec le paysage et l'architecture, mais aussi à travers le comportement et les postures de ses habitants. Édouard Levé procède avec ironie par jeu sémantique dans la série Angoisse en se laissant guider par le nom d'un petit village de Dordogne pour se confronter à la réalité du lieu. Les Dimanches, 1977, de Véronique Ellena donne l'illusion du bonheur en cette douce France. Tandis que les photographies spectaculaires de Mathieu Pernot, Mantes-La-Jolie, 1er juillet 2001, montrent une banlieue exsangue. Ici comme ailleurs, les territoires et la société sont en pleine mutation. Les vues de Tanger, Colline du Charf (Lieu-dit du Tombeau d'Antee), 2001, de Yto Barrada, dévoilent un territoire de l'entre-deux obsédé par le désir d'Occident, une ville qui se vide. À Tokyo, les maisons en carton photographiées par Ryuji Miyamoto révèlent l'autre aspect de la ville. Dans les mystérieux portraits de Shadi Ghadirian, la femme iranienne est réduite à un objet domestique. La photographie Suzanne and Lutz, white dress, army skirt, 1993, de Wolfgang Tillmans, montre l'aspect « trash » d'une adolescence en prise avec la mode, à fois fascinante et monstrueuse.

Fictions
Aux images du réel succèdent celles de la fiction : leurres et mise en scènes mettent en évidence la photographie hantée par d'autres univers esthétiques tels que le théâtre, le cinéma et la littérature. Ces salles évoquent quatre temps de la fiction et leur étroite relation avec le cinéma. Tout d'abord le temps des repérages, moment d'une recherche qui voisine avec les approches documentaires mais qui laisse entrevoir le potentiel romanesque se dégageant des lieux repérés. Ainsi Allan Sekula dans Décor pour Titanic, Popotla, 1996-97, joue avec l'échelle et fait apparaître l'inaccessibilité des lieux du tournage pour les habitants de la plage de Popotla. Les zoos de Thomas Mangold désertés par les animaux ressemblent à des scènes de théâtre. Puis vient le temps des projections, lorsque l'image fixe emprunte plus ou moins ouvertement au cinéma ses codes, ses sujets et son mode de narration. Dans les Lieux de crime de Jean-Christophe Garcia, l'artiste s'interroge sur ce que donne à voir la photographie : quelle peut être la part de mise en scène dans ce que nous voyons et ce que nous croyons voir ?
Enfin le temps des lectures et des inévitables brouillages de sens qu'elles entraînent. Certains artistes, en choisissant délibérément de brouiller les codes de représentation au moyen d'artifices techniques, prolongent l'effet cinématographique. Éric Rondepierre collecte dans les archives publiques ou privées du monde entier des chutes de films méconnus ou oubliés. Il recycle ces images altérées pour inventer de nouvelles images mettant en scène des corps féminins. Dans la série Loupe/Dormeurs Livre, 1999-2002, une photographie grossie à la loupe est recouverte d'un texte de mots serrés qui forment une fiction supplémentaire.